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1ier trim. 2003

6minutes wine


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Edition # 38 du 14 mars 2002

1 - Les propriétaires de Fiat vendent Château Margaux au directeur
2 - Campagne 'En Primeur' des vins de Bordeaux sous pression
3 - Par protestation, un Américain jette du Dom Pérignon ($1000) aux toilettes
4 - Industrie du vin et cosmétique: chiffres d'affaires équivalents
5 - Dégustation: merlot italien abordable (1)
6 - Dégustation: merlot italien 'budgétisable' (2)


1 - Les propriétaires de Fiat vendent Château Margaux au directeur

La famille italienne Agnelli, propriétaire à soixante-quinze pour cent de Château Margaux, vend ses parts du célèbre premier cru au directeur Corinne Mentzelopoulos, propriétaire des vingt-cinq autres pour cent. Les Agnelli connaissent des soucis pécuniaires suite à la récession économique et à la mauvaise gestion de leur empire Fiat. Rappelons que les propriétaires de Fiat contrôlaient Château Margaux depuis 1991. Mentzelopoulos a réuni le capital nécessaire avec sa famille. Château Margaux sera placé sous le holding familial Soparexo, qui détient désormais toutes les parts. La valeur du domaine viticole est estimée entre trois et quatre cents millions d'euros, mais le prix de vente n'a cependant pas été dévoilé.


2 - Campagne 'En Primeur' des vins de Bordeaux sous pression

Jean-Pierre Moueix, propriétaire de Château Petrus à Pomerol, ne proposera pas ses vins au cours des dégustations En primeur qui sont organisées fin mars à Bordeaux. Moueix est également propriétaire de Château Magdeleine à St-Emilion, de Latour à Pomerol, de La Fleur Petrus, de Trotanoy et de Hosanna à Pomerol. Si la critique s'intensifie actuellement autour des dégustations précoces de la nouvelle récolte de Bordeaux, Moueix se retranche pour sa part derrière l'explication officielle d'une fermentation malo-lactique lente qui ne permettra pas à ses vins 2002 d'être prêts avant le mois de juin pour leur première dégustation. La semaine En primeur est pourtant d'importance pour le Bordelais puisque les propriétaires établissent leurs prix sur base des premières critiques et proposent leurs vins en pré-vente. Les critiques vinicoles tels Robert Parker et Hugh Johnson désirent que la semaine soit retardée car il est délicat de juger honnêtement des vins à un stade aussi précoce. Parker a même indiqué sur le forum Internet de Mark Squires qu'il ne sait pas s'il sera présent aux dégustations en primeur. Si la guerre en Irak est déclenchée avant son départ pour la France, il restera plus que probablement chez lui. Malgré tout, s'il participe aux dégustations, il décidera après les dégustations de la date de parution de ses notes. De nombreux négociants se basent sur les notes de Parker pour établir leurs prix initiaux. Cependant, le critique vinicole américain a déclaré à Decanter qu'il ne publierait pas ses notes avant le mois de juin si la qualité des vins semble moyenne. Les appréciations de Parker pourraient donc bien être connues cette année après le salon annuel VinExpo où la plupart des négociants communiquent leurs prix. Parker considère néanmoins que les Bordeaux 2002 sont "difficilement vendables" en raison de la situation économique et de la menace de guerre. Les négociants sont confrontés aux stocks grandissants des années précédentes.


3 - Par protestation, un Américain jette du Dom Pérignon ($1000) aux toilettes

Anthony Tola, un restaurateur de l'Etat américain du New Jersey, a jeté aux toilettes du champagne Dom Pérignon d'une valeur de mille dollars. Tola a rayé tous les vins français de sa carte par protestation contre l'attitude française à l'égard de l'Irak. L'histoire était relayée par le journal à scandale New York Post. Tola proteste contre le fait que les Français, alors qu'ils "ont si souvent reçu le support des Etats-Unis au cours de l'histoire", fassent aujourd'hui front aux Etats-Unis au Conseil de Sécurité de l'ONU sur la question de l'Irak. Il trouve, pour citer le Post, "la manière dont les Français nous contrent presque impensable". J'ai été tenté d'intituler l'article "un idiot verse du Dom Pérignon aux toilettes en signe de protestation" mais heureusement l'objectivité journalistique m'a retenu. D'autant que le propriétaire de l'Old Bay Restaurant est loin d'être idiot. Il apparaît en photo, et dans le Post (cliquer sur le titre de cet article). Et cette publicité vaut bien plus que mille dollars.


4 - Industrie du vin et cosmétique: chiffres d'affaires équivalents

L'industrie du vin a une valeur mondiale équivalente à celle de l'industrie cosmétique, révèle une étude de l'International Wine and Spirits Record. Au niveau mondial, les ventes de vins s'établissent à 94,67 milliards d'euros. Le chiffre d'affaires devrait atteindre les 103,54 milliards d'euros en 2006. Alors que la consommation de vin rouge progresse de sept pour cent par an, celle du vin blanc se cantonne à quatre pour cent. Les principaux consommateurs de vin sont les Français et les Italiens (58 litres par an), suivis par les Argentins (49 litres). Mais les Danois (39 litres par an), les Belges (30,6 litres), les Néerlandais (26,9 litres) et les Britanniques (21,8 litres) savent eux aussi apprécier le vin. Pour leur part, les Sud-Coréens se satisfont d'un demi-litre par an. Au niveau mondial, les gens achètent toujours des vins plus coûteux, précise encore l'étude. Le nombre de gens qui boivent du vin ne progresse toutefois pas aussi sensiblement que la consommation même. Visiblement, les personnes qui aiment boire du vin en achètent toujours davantage. C'est chez les personnes âgées de 35 à 50 ans que la consommation progresse le plus.


5 - Dégustation: merlot italien abordable (1)

Qui dit merlot pense "Pomerol" et "prix élevé". Toutefois, en Italie également on produit des vins merlot de première qualité. Il suffit de songer aux Castello di Ama Vigna l'Apparita, Le Macchiole Messorio, Petrolo Galatrona et Tua Rita Redigaffi. Ces merlots appartiennent d'ailleurs aux vins italiens les plus recherchés et les plus coûteux. Le 24 février, j'ai participé à une dégustation de merlots italiens 'abordables', même s'il faut prendre le terme 'abordable' avec des pincettes. Les cuvées de luxe que l'on vient de citer atteignent aisément les cent euros ou plus, de sorte que nous sommes bien obligés de considérer des prix allant de 14 à 37 euros comme raisonnables. Le merlot est élevé en Italie depuis 1850 déjà et se dégage, aujourd'hui, comme le troisième cépage en rouge. En effet, ce cépage est souvent utilisé pour adoucir les vins italiens parfois rugueux. Ce qui n'empêche pas les Italiens de produire également des vins merlot spécifiques.
Nous avons testé tous les vins en aveugle bien que les noms et les régions aient été, au préalable, divulgués aux dégustateurs. Les dix vins avaient été ouverts quatre heures avant la dégustation sans pour autant être décantés. Le vin de la soirée aura été le Falesco Montiano Lazio Rosso IGT 1998 (37 euros): belle douceur internationale, nez de bonbon, belle touche vanillée (agréable, mais peut-être un peu trop). En bouche, des tanins légèrement structurés aux arômes de café suivis par la confiture et beaucoup de fondant. Fin de bouche douce et épicée. Un beau vin, mais peu typique. Style international, agréable. 17/20.


6 - Dégustation: merlot italien 'budgétisable' (2)

Personne ne sera surpris d'apprendre que le Falesco était aussi le vin le plus cher de la soirée. En seconde position au plan des prix, l'Alois Lageder Merlot MCMXCIX Sud Tirol 1999 (32,43 euros), se positionne plutôt mal quant aux résultats. Ce vin simple, unidimensionnel et peu intéressant ne vaut vraiment pas son prix élevé. Le deuxième vin de la soirée, une vraie bonne affaire, était le Ritratti La Vis Merlot Trentino 2000 (12,50 euros). Baies rouges et cuberdons (bonbon) en bouche. Très belles touches fruitées dans une belle bouche bien structurée: baies rouges, framboises, viande rôtie. Sans oublier du café et des épices agréables. Fin de bouche fruitée. Beau, correct, bon. Plus typique que le Falesco. Et pour un prix pointé! Se positionne également le Carlo Guerrieri G. Merlot di S. Leonardo 1999 (avec ses 12,10 euros): belle structure et vin agréable. Le Planeta Merlot Sicilia 2000 (22,37 euros) bénéficie d'une bonne réputation malheureusement la bouteille testée était bouchonnée.
Notes de dégustation: http://www.wijnidee.com/italiaansemerlot


Edition # 37 du 21 février 2002

1 - La campagne 'Vin de merde' produit des effets pervers
2 - Washington suggère le boycott des vins français
3 - Surproduction, prix en baisse pour les vins californiens
4 - Ecureuils terrestres: plus grande menace que les dindes sauvages
5 - Bordeaux 2000: répond aux attentes
6 - Bordeaux 1999: à ne pas négliger


1 - La campagne 'Vin de merde' produit des effets pervers

L'action menée par soixante syndicats de producteurs de Beaujolais contre un article paru dans le magazine local Lyon Mag (tirage à 25.000 ex.) produit un effet boomerang (voir 6minutes wine #40). Des milliers de personnes ont signé la pétition sur le site de Lyon Mag, le maire de Lyon y a été de son soutien, la presse internationale a exprimé sa désapprobation sur l'action du syndicat et un juge a provisoirement (et partiellement) suspendu l'amende très lourde de 350.000 euros. Lyon Mag ne doit plus que verser 60.000 euros pour publier le jugement en première instance dans cinq journaux. Mais ce montant reste encore trop élevé pour Lyon Mag. Le magazine risque donc toujours de devoir fermer ses portes. A suivre assurément.
Message précédent: http://www.wijnidee.com/discuss/msgReader$1079?mode=day 


2 - Washington suggère le boycott des vins français

Les discussions entre la France et les Etats-Unis sur le soutien de le l'OTAN à la Turquie dans le cadre de la guerre probable contre l'Irak a incité la Chambre des représentants américaine à plaider pour un embargo contre les vins français, indique le Washington Post. Le président Dennis Hastert, un célèbre opposant à la consommation d'alcool a tâté ses homologues républicains sur ce qu'ils pensent de cette idée. Hastert propose même d'imposer aux vins français une étiquette orange avertissant que ces vins contiennent du sang de bœuf. Avant la crise de la vache folle, le sang de bœuf était effectivement utilisé pour filtrer le vin, toutefois l'UE a interdit cette pratique en 1998. La France exporte annuellement pour plus d'1,7 milliard d'euros en boissons alcoolisées (la majeure partie de son vin et de son cognac) vers les Etats-Unis. Du côté français, on réagit avec stoïcisme aux déclarations de Hastert. Louis-Regis Affre, de la fédération française des vins et des boissons fortes, a déclaré à l'Agence France Presse que "ces déclarations politiques étaient peu importantes". Selon Affre, un boycott éventuel est peu probable et en tout cas difficile à imposer.


3 - Surproduction, prix en baisse pour les vins californiens

Les prix bruts payés pour les raisins californiens destinés au vin ont chuté de onze pour cent en 2002, indique Forbes. Les viticulteurs californiens ont reçu en moyenne 535,90 dollars par tonne de raisins pressés en 2002 contre 600,50 dollars l'année précédente. A l'origine de ce recul, la surproduction. Les viticulteurs californiens ont en effet pressé 3,1 millions de tonnes de raisins, contre trois millions en 2001. Les prix plus faibles pour les raisins se répercutent sur le vin embouteillé. La Robert Mondavi Corp. cotée en bourse a annoncé des chiffres trimestriels en baisse et revoit en conséquence les bénéfices escomptés pour 2003. Selon Mondavi, outre la surproduction, l'importation de vins étrangers bon marché est également responsable de la crise sur le marché vinicole californien. Pour sa part, Mondavi tente de générer de nouvelles recettes par le biais de la création d'un club des vins. Les Américains membres reçoivent automatiquement tous les trimestres une sélection de la gamme Mondavi. La Californie intervient à hauteur de 67 pour cent de la production viticole américaine totale.
Mondavi: http://www.mondavi.com/ 


4 - Ecureuils terrestres: plus grande menace que les dindes sauvages

La Californie est l'un des états américains les plus écologiques (certains diraient les plus obsédés par l'environnement). Les règles environnementales conduisent souvent à des accrochages avec les viticulteurs. Ces derniers se plaignent notamment du gibier qui vient vaguer au milieu de leurs coûteuses vignes. C'est surtout les dindes sauvages qui sont en point de mire. Le Department of Fish and Game californien et la National Wild Turkey Federation ont enquêté, révèle le site Web NapaNews.Com. Les enquêteurs ont installé 39 appareils photos télécommandés au milieu des vignobles de Napa, Sonoma et Mendocino. Pendant un mois, les appareils ont pris des vues de jour comme de nuit. Près de la moitié du gibier semble effectivement se composer de dindes sauvages, mais seuls sept pour cent de ces dindes vaguent dans les vignobles. Les principaux prédateurs se révèlent être les écureuils et les ratons laveurs. Septante pour cent de ces animaux mangent les raisins. Les dindes sauvages font davantage leur sort à de nombreux insectes et, selon l'étude, auraient bien davantage un impact positif sur la santé des vignobles.
National Wild Turkey Federation: http://www.nwtf.org/ 
Department of Fish and Game: http://www.dfg.ca.gov/dfghome.html 


5 - Bordeaux 2000: répond aux attentes

Les Bordeaux 2000 sont disponibles presque partout, bien que les grands noms se fassent encore attendre. J'ai entamé les dégustations avec 22 bouteilles différentes (comme toujours achetées par nos soins). La dégustation ne s'est pas faite en aveugle. Pour chaque bouteille, j'ai laissé passer quelques jours afin de mieux estimer l'évolution et le potentiel de garde. Cette dégustation laisse sur l'ensemble des vins une impression positive avec une exception mitigée (par rapport au reste), le Ch.
Ch. Terrey-Gros-Cailloux (St.-Julien). Toutes les autres bouteilles se classent entre bien et excellent. Le cru qui m'a le plus impressionné est le Ch. Baron de Pichon-Longueville (Pauillac): acides solides, des tanins puissants granuleux, des arômes de café, poivre, kirsch, et de beaux volumes de fruits noirs. Complexe, superbe texture, avenir de prestige. A un niveau plus démocratique, c'est le Ch. Calon-Segur (St.-Estèphe): tanins très solides, des épices, la douceur du fruit, de la confiture des baies noires, des bonbons. Pour le long terme. Autre grand format et pourtant très abordable, le Ch. Malartic-Lagraviere (Graves): des tanins doux, des épices, beaucoup de fruit, des acides plaisants, avec des touches de bonbon, de réglisse, de chocolat, de café et de tabac. Encore un vin atypique, mais toujours aussi agréable, le 100% Merlot Ch. Carolus (Fronsac), dans un style international réalisé par Arnaud Roux-Oulié: bonbon, fruit noir, confiture. A 17,23 euros (chez Colruyt Vins de Qualité), c'est une vraie bonne affaire. J'avais déjà chanté les louanges des très abordables Le Pin Beausoleil (Bdx. Superieur), Ch. Villa Bel-Air (Graves) et Ch. de Francs Les Cerisiers (Côtes de Castillon).
Toutes les notes de dégustation: http://www.wijnidee.com/proeven/Bordeaux 


6 - Bordeaux 1999: à ne pas négliger

En raison du succès du 2000 en Bordeaux, l'année 1999 risque d'être négligée. A tort, comme il ressort des dix-neuf 1999 que j'ai dégusté (dans les mêmes circonstances que pour la dégustation des 2000). Les prix des 1999 sont inférieurs, et offrent dès lors des opportunités pour ceux qui ne désirent pas débourser les prix parfois excessifs des 2000 (ceux qui ont acheté les 2000 en primeur ont d'ailleurs fait une affaire en or). Très beau, le velouté Canon La Gaffelière (St.-Emilion): baies noires, cerises, tanins épices mais déjà adoucis, acides plaisants, épices. Si vous préférez les vins plus structurés, le Ch. Malescot St. Exupéry (Margaux) et le Ch. Troplong Mondot (St.-Emilion) ne sont certes pas à négliger. Le Ch. Léoville-Barton vous garantit ses touches de cèdre, de baies noires et de vanille. Autre vin très réussi, le Ch. Grand Mayne (St.-Emilion): après décantation, arrivent déjà en bouche beaucoup de fruits, du chocolat même si les tanins restent incisifs. Continue d'évoluer dans le verre.
Toutes les notes de dégustation: http://www.wijnidee.com/proeven/Bordeaux 


 

Edition # 36 du 24 janvier 2002

1 - 'Vin de merde' menace l'emploi de 36 personnes
2 - Vente d'Altesino, top producteur de Brunello
3 - Exportations de vins australiens en hausse de trente pour cent
4 - Delta Gids België: enfin en néerlandais
5 - La carte des vins chez Folliez à Malines (1)
6 - La carte des vins chez Folliez à Malines (2)


1 - 'Vin de merde' menace l'emploi de 36 personnes

Le magazine local français Lyon Mag a été condamné à verser 350.000 euros à soixante syndicats de production du Beaujolais. Le tribunal de Villefranche-sur-Saône a déclaré le jugement exécutable immédiatement. Trente-six personnes risquent dès lors de perdre leur emploi. En effet, les dommages et intérêts dépassent le budget annuel de Lyon Mag. Le jugement fait suite à une plainte déposée par les producteurs de Beaujolais contre une interview de François Mauss parue dans la revue. Mauss, président du Grand Jury européen et expert réputé en vins, a dans cette interview qualifié le Beaujolais de jus de raisin fermenté et de 'vin de merde'. Le juge a considéré que l'interview n'était pas acceptable et ce, malgré le fait que la rédaction avait accordé dans le même numéro un droit de parole à Maurice Large, président de l'Union interprofessionnelle des vins du Beaujolais. L'éditeur a introduit un référé devant le tribunal de Lyon dans l'espoir de ne pas payer l'indemnisation, dans l'attente du jugement en appel qui a été demandé simultanément. Si le juge en référé n'accepte pas la demande de l'éditeur, la revue est condamnée à disparaître. Ce qui équivaudrait à une véritable censure de la presse. Mauss n'est en effet pas le premier à décrire le Beaujolais en ces termes. L'écrivain et gastronome Jean-Pierre Coffe avait fait de même. Il se pourrait d'ailleurs bien que les producteurs de Beaujolais se soient fait un croche-pied avec ce procès. Depuis quelques années, le Beaujolais est confronté à une image négative et la région produit beaucoup trop de jus de raisin fermenté. L'année dernière, treize millions de bouteilles de Beaujolais ont dû être détruites parce qu'elles étaient devenues invendables (voir 6minutes wine n 34).
http://www.lyonmag.com/ 


2 - Vente d'Altesino, top producteur de Brunello

Altesino, l'un des plus prestigieux producteurs de Brunello du Montalcino a été vendu au groupe Angelini pour vingt millions d'euros, un groupe qui se trouve sous la direction d'Elisabetta Angelini Gnudi. En 1999, Gnudi avait racheté le domaine Brunello Caparzo, qui est jointif d'Altesino. Les deux domaines, qui avaient été scindés dans les années soixante-dix, se retrouvent aujourd'hui sous la même houlette. Gnudi est également propriétaire de Borgo Scopeto, un domaine du Chianti, et de Rivo delle Barbe, dans le Maremma sur la côte toscane. Gnudi a l'intention de réaliser les investissements indispensables dans les caves et les vignobles. Le cru Montosoli cru d'Altesino est l'un des vins italiens les plus recherchés. Le domaine produit en outre un Rosso, un Brunello simple et un Alte Altesi, un cru IGT de Sangiovese grosso et Cabernet Sauvignon. Les vins d'Altesino sont importés chez nous par Licata. La vente du domaine ne modifie en rien la distribution belge.
http://www.licata.be/


3 - Exportations de vins australiens en hausse de trente pour cent

En 2002, les Australiens ont exporté environ trente pour cent de vin en plus. Le Royaume-Uni est le premier marché à l'exportation pour les vins australiens. Les chiffres de l'Australian Wine Export Council (AWEC) et de l'Australian Wine and Brandy Corporation (AWBC) montrent qu'en 2002 l'Australie a exporté du vin pour 1,26 milliard d'euros, soit une augmentation de 292 millions par rapport à 2001 (plus 30%). Pour sa part, le volume a progressé de 96 millions de litres pour atteindre 471 millions de litres (+26%). Près de la moitié (46%) de l'ensemble des vins exportés arrive sur le marché britannique. Les États-Unis arrivent en seconde position, avec une part de 25%, suivis par la Nouvelle-Zélande, le Canada et l'Allemagne. La plus forte croissance a été enregistrée par les États-Unis. En 2002, la vente des vins australiens a progressé de 64%. Un porte-parole de l'AWEC a déclaré à Decanter que la croissance future sera générée par les Pays-Bas, la Belgique et l'Asie. Reste à savoir si l'Australie pourra maintenir de tels chiffres de croissance. Différentes régions viticoles sont en effet touchées depuis plusieurs années par une sécheresse persistante. Et les viticulteurs craignent que la récolte de cette année soit moitié moins importante. Un problème qui frappe tout spécifiquement l'état Victoria.


4 - Delta Gids België: enfin en néerlandais

Chez nos voisins du sud, le Guide Delta de la Belgique est une valeur sûre depuis des années. Une large équipe de vérificateurs visitent chaque année personnellement les 2800 établissements de l'offre infinie de la table et de la nuitée partout en Belgique. Le Delta Gids 2003 paraît pour la première fois en néerlandais. Chaque restaurant mentionné (possibilité de choisir entre un millier de restaurants en Flandre, neuf cent à Bruxelles et une offre similaire en Wallonie) dans les 564 pages de cette bible de l'horeca aura été visité et analysé distinctement. Le jugement de l'établissement est notamment établi sur l'intérieur. Les établissements offrant un bon rapport qualité/prix se voient décerner un laurier. Des toques sont attribuées aux excellents restaurants (d'une à quatre) et des étoiles (d'une à cinq) pour les hôtels en fonction de leur luxe. Pour la majorité des établissements, le guide offre en outre un bref descriptif. A la différence des guides Michelin, les guides Delta acceptent les publicités. Néanmoins, les rédacteurs promettent que ces dernières n'influencent en rien leur jugement. Les guides Delta semblent en tout cas plus critiques que les Michelin. De plus, les appréciations sont moins ciblées sur la cuisine française classique. Ainsi, dans notre bonne ville de Turnhout, un seul restaurant est mentionné, à savoir le Cucinamarangon, qui à notre humble avis est effectivement le meilleur restaurant de la région. Les rédacteurs du Delta osent aussi appeler un chat un chat, comme pour le Oud Konijntje à Waregem. "La carte et la cuisine manquaient, du moins lors de notre dernière visite, de l'élan et de la virtuosité que l'on peut attendre des maisons de ce niveau", un jugement auquel nous nous rallions entièrement. Néanmoins, le restaurant conserve trois toques: ce sera en raison de son ancienne réputation. Le guide revient à 24,75 euros.
http://www.deltagidsen.com/ 


5 - La carte des vins chez Folliez à Malines (1)

Le restaurant Folliez, dans l'ancienne maison des brasseurs sur le marché au grain à Malines, est l'un des rares véritables restaurants à vin de Belgique. Heureusement, il s'agit également d'un bon restaurant. Le service est convivial, le décor chaleureux et trendy (peut-être même un peu trop) et la nourriture de qualité supérieure. Voilà qui rend encore plus agréable de parcourir la carte des vins variée et innovante du propriétaire Danny Vanderschueren. Les Bordeaux sont classés par millésimes, une idée qui mériterait d'être suivie. C'est surtout l'année '95 qui est bien représentée, notamment avec Léoville Barton, Pape-Clement, Troplong Mondot et Sociando Mallet. De nombreux '90 sont encore présents sur la carte, à des prix plus que raisonnables. Que penser d'un château Cos d'Estournel à 124 euros? Ou d'un Léoville Poyferré à 95 euros? Toutefois, la véritable affaire est proposée avec l'Arrosée à 75 euros. Pour les amateurs, la maison propose une vaste sélection de vins du Rhône et du Sud de la France, dont nous avons dégagé l'Hermitage 94 de Chave à 100 euros, même si nous louchions avidement (sans en avoir les moyens) sur le Mouline 1990 de Guigal. Aux enchères, ce vin a atteint un prix nettement supérieur aux 190 euros demandés chez Folliez. Mais assez parlé de grands vins reconnus. Le Bandol de Pibarnon 1998 revient à moins de 50 euros et présente, quoique élevé pour vieillir vingt ans, du fruit en suffisance pour être bu jeune. Encore plus accessible et non moins intéressant, la Grange des Pères 1997 (72 euros) et le Ferrer Ribière Cana 1998 (43,50 euros).


6 - La carte des vins chez Folliez à Malines (2)

La place nous manque pour citer tous les points forts de cette carte, toutefois elle se distingue aussi en dehors de la France et tout spécialement dans les vins italiens. Les blancs italiens couvrent presque une page (avec notamment des vins de Jermann, un Soave de Pieropan et, surtout, le Planeta Chardonnay de Sicile). En rouge, les vins italiens sont présentés par région, sur trois pages. Vous y trouvez un éventail de tout ce que l'Italie peut vous offrir, des Chiantis de Fondoti aux Amarones d'Allegrini. Par comparaison à la sélection française, les prix sont relativement bas. Le vin italien le plus coûteux à la carte est le Serenelli 1998 (118 euros), un Rosso Conero que je connais pas. A ce prix, vous pouvez voyager dans la sélection des "supertoscans", comme le Paleo 1994 (60 euros), le Percarlo 1995 (85 euros), le Desiderio 1997 (71 euros) ou le Galatrona 1998 (75 euros), un incroyable Merlot 100% qui, en fait, est loin d'être à maturité et doit donc être décanté au préalable. Ne pas oublier le Piémont, avec les Barbera et Barbaresco de Rivetti (La Spinetta), les Barolo de Pira, Elio Altare et Elio Grasso et le Sancarlo Langhe 1997 de Gianpiero Marrone, affiché à un prix très raisonnable de 33,50 euros à peine et qui offre un plaisir indubitable, à condition d'être décanté. Nous n'avons pas encore parlé de la présence intéressante de l'Espagne (testez le Casa Castillo Las Gravas 1998 à 37,50 euros), de l'Australie (The Dead Arm d'Arenberg 1998 à 100 euros), de la Californie (Rochioli Pinot Noir West Block 1996 à 60 euros) et de l'Autriche (le Kellenberg Smaragd 1998 de F.X. Pichler est incroyable). Bref, les amateurs ne s'y embêteront pas un instant. Le propriétaire a d'ailleurs l'intention d'encore étendre son offre et, à l'avenir, désire offrir à ses clients la possibilité d'apporter leurs propres vins en échange d'un "corking fee".
Folliez, tél. 015 42 03 02, mailto:info@folliez.be 


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Coordination: Toon Lowette et Leo Van Dorsselaer
Emel: wine@6minutes.net 

en collaboration avec DTL bvba
http://www.diskidee.be/ 

Rédaction: Jozef Schildermans
Réactions et communiqués de presse: diskidee@6minutes.net  


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