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2ème trimestre 2005

6minutes la Belgique déchiffrée  


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6minutes la Belgique déchiffrée # 17 du 20/06/2005
chiffres et statistiques sur la Belgique, ses habitants et ses voisins,
déchiffrés par le SPF Économie - INS

 


 

Dans cette édition:
1 - Les manières masculine et féminine de naviguer sur la Toile
2 - Les effets de la zone 30 sur la sécurité routière
3 - Sous l’emprise de la cigarette (1)
4 - Sous l’emprise de la cigarette (2)
5 - Les comptes agricoles de 2004
6 - Les bruxellois friands de chocolat

 

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1 - Les manières masculine et féminine de naviguer sur la Toile

En décembre 2004, notre pays comptait plus de 4,2 millions d’internautes réguliers. De ceux-ci, 45% sont de sexe féminin et 55% de sexe masculin. Si les femmes sont, certes, occupées à rattraper leur retard sur les hommes, les femmes seniors restent pour l’heure assez peu présentes. Les thèmes que les utilisateurs masculins d’Internet déclarent rechercher le plus souvent sont : actualités, ordinateur, Internet et informatique, musique, informations financières et sport. Les femmes naviguent moins sur la Toile, et, globalement, visitent un éventail plus restreint de sites. Le thème actualités est également celui qu’elles mentionnent le plus souvent, suivi de musique, jeux vidéo, voyages et recherche d’emploi. Les différences les plus marquées entre hommes et femmes s’observent en ce qui concerne les thèmes érotisme, automobile, ordinateur, Internet et informatique et sports (sujets « masculins » par excellence) et en ce qui concerne la recherche d’informations sur les maladies et leurs symptômes, soins personnels, famille et enfants, cuisine et recettes, alimentation et habillement (sites qui, proportionnellement, sont visités beaucoup plus souvent par des femmes). Cette analyse a été faite par la Division Statistiques du SPF Économie, à partir de chiffres en provenance (principalement) du bureau d’enquêtes InSites Consulting. En décembre 2004, cette entreprise a demandé à 10.000 internautes quel était leur site favori. C’est Google, avec un score moyen de 8,5, qui sort de très loin vainqueur de ce sondage. Les sites de Sunjets, Telenet, Toyota, Makro, VRT, Colruyt, Canvas, Audi et Proximus obtiennent également une bonne cote de la part des internautes.
Hommes, femmes et Internet

2 - Les effets de la zone 30 sur la sécurité routière

En s’appuyant sur les expériences faites à l’étranger (aucun examen systématique n’ayant encore été entrepris en Flandre même), l’Office flamand de la sécurité routière a voulu vérifier quels sont les effets de ce type de limitation de vitesse. Bien que les résultats varient d’un pays à l’autre et ne puissent pas toujours être généralisés, le nombre d’accidents diminue de 10 à 40 pour cent. Le nombre d’accidents avec blessés diminue de 10 à 60 pour cent (ce dernier taux de réduction a été atteint au Royaume-Uni). La baisse du nombre d’accidents avec blessés et impliquant des cyclistes atteint presque 30 pour cent. Le nombre d’accidents impliquant des enfants a chuté de 67 pour cent et, dans les cas où ces enfants étaient des piétons, la baisse atteint même 70 pour cent. Aux Pays-Bas, le nombre total d’accidents avec blessés s’est réduit de 22 pour cent. Au Danemark, le nombre d’accidents par kilomètre roulé a baissé de 72 pour cent et le nombre d’accidents avec lésion corporelle de 78 pour cent.
M. Van Heddeghem, échevin chargé de la mobilité à la commune de Wetteren, déclare : « Il est vrai en effet qu’une diminution de la vitesse fait baisser les chiffres des accidents. Dans notre commune, nous observons qu’on roule plus lentement à proximité d’écoles où une zone 30 a été instaurée. De plus, nous apprenons de la bouche des parents qui mènent leurs enfants à l’école que l’atmosphère générale et le sentiment de sécurité sont meilleurs qu’auparavant. Comme moyen complémentaire, nous nous efforçons, autant qu’il est possible, de mettre en service des panneaux zone 30 variables. Ceux-ci font en sorte que la vitesse maximale autorisée soit automatiquement abaissée à 30 kilomètres par heure aux moments de forte circulation ; aux heures creuses, le week-end et pendant les vacances scolaires, la limitation de vitesse s’appliquant normalement dans les agglomérations est maintenue. Pour l’heure malheureusement, une généralisation de la zone 30 n’est pas envisageable dans notre commune. La résistance exercée par différents milieux est encore trop forte. Aussi clairs que soient ces chiffres, ils ne sont pas encore suffisamment convaincants aux yeux de certains. »

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3 - Sous l’emprise de la cigarette (1)

Pour les lecteurs de nos Flash Info, le fait est connu : les pauvres dépensent plus que les autres en soins de santé mais aussi en tabac. En valeur absolue, les personnes se situant dans la frange de 10% des revenus les plus faibles ont consacré en 2002 à l'achat de tabac, de cigarettes et de cigares une somme d’argent environ 63 pour cent plus élevée que les personnes appartenant à des ménages moyens (202 euros contre 124 euros). D’autre part, l’Enquête Santé de l’Institut scientifique de Santé publique a révélé qu’un fumeur a les plus fortes chances de vivre dans une zone rurale (30,7 pour cent), de résider en Wallonie (30,4 pour cent) et d’être âgé entre 35 et 44 ans (37,2 pour cent).
Mais il y a aussi une bonne nouvelle : les Belges commencent à fumer moins. En 1984, 36 pour cent des Belges de 18 ans ou plus étaient fumeurs. En 2004, ce chiffre était retombé à 20 pour cent, d’après l’enquête annuelle du CRIOC (Centre de Recherche et d'Information des Organisations de Consommateurs). Quinze pour cent des femmes et 26 pour cent des hommes sont des consommateurs de tabac réguliers ou quotidiens.
Les pauvres dépensent davantage pour la santé... et pour du tabac

4 - Sous l’emprise de la cigarette (2)

Pourtant, les jeunes (de 11 à 18 ans) sont de plus en plus nombreux à avoir recours à la cigarette et le font à un âge de plus en plus jeune. Selon l’étude bisannuelle effectuée, sous l’égide de l’Organisation mondiale de la Santé, par le Département de Sociologie de la Santé de l’université de Gand, ne fumaient, en 1990, que 3 pour cent des garçons et 1 pour cent des filles âgés de 13 à 14 ans ; il y a deux ans, la proportion de fumeurs dans cette même classe d’âges est passée à 5 et à 3 pour cent respectivement. Dans l’enseignement technique et professionnel, les garçons fument davantage que les filles, tandis que l’inverse est vrai dans l’enseignement secondaire général, où 16 pour cent des filles s’adonnent au tabagisme, contre 13 pour cent des garçons.
Profil socio-économique des fumeurs

5 - Les comptes agricoles de 2004

Les estimations des comptes agricoles pour l’an 2004 indiquent que la production agricole finale accusera, globalement, une régression (-3,1%), en raison principalement de l’importante baisse de prix des céréales et des pommes de terre, combinée à une baisse du prix des légumes. La hausse de la valeur de la production animale, due notamment aux prix élevés de la viande de porc, est insuffisante cependant pour compenser les baisses des grandes cultures et des produits horticoles. Comme la variation totale des dépenses est très faible (-0,3%) pour ce qui est de la consommation intermédiaire, la valeur ajoutée brute aux prix du marché subit une diminution de plus de 7%. En présence d’amortissements quasi stables, la valeur ajoutée nette connaît ainsi une baisse de 10%. Si l’on rapporte cette valeur à l’unité de travail agricole, le recul de la valeur ajoutée nette s’en trouve quelque peu atténué (-8%), étant donné que le volume de la main-d’œuvre agricole a diminué. En revanche, le recul est plus important en ce qui concerne le revenu net par unité de travail (-11,7%).
Les comptes agricoles de 2004

6 - Les bruxellois friands de chocolat

Il ressort des Enquêtes sur le Budget des Ménages, organisées par la Division Statistiques du SPF Économie, que les habitants des 19 communes de Bruxelles-Capitale dépensent plus pour des produits de chocolaterie que les Flamands et les Wallons. En 2001, le Bruxellois a dépensé 69,8 euros pour des articles de chocolat (soit 17% de plus que la moyenne nationale de 59,6 euros, et 3,2% de leur budget alimentaire total), le Wallon 59,7 euros (1% de plus que la moyenne nationale, et 2,7% de leurs dépenses totales pour l’alimentation) et le Flamand 57,9 euros (3% en dessous de la moyenne nationale, et également 2,7% de la somme totale consacrée aux aliments).
C’est des pralines que les Bruxellois semblent surtout raffoler. En 2001, ils en ont acheté pour un montant de 19,3 euros, ce qui est sensiblement plus que les Wallons (10,4 euros) ou les Flamands (11,3 euros). Mais ce sont aussi les Bruxellois (36,9 euros), suivis des Wallons (36,4 euros) qui dépensent le plus pour le chocolat lui-même et, en comparaison, les Flamands (avec 31,9 euros) sont nettement en retrait. En revanche, les Flamands sont les plus friands de pâtes à tartiner au chocolat ; en 2001, ils ont dépensé 9,0 euros par tête d’habitant pour ce produit, contre 5,8 euros chez les Bruxellois et 7,0 euros chez les Wallons.

 

 

6minutes la Belgique déchiffrée # 16 du 23/05/2005
chiffres et statistiques sur la Belgique, ses habitants et ses voisins,
déchiffrés par le SPF Économie - INS

 


 

Dans cette édition:
1 - Circulation routière en 2002 : rapport encourageant
2 - La Belgique n’est pas une pépinière de pépinières
3 - L’appétit de voyages, vu sous l’angle allemand
4 - De nombreux métiers gardent un fort caractère sexué
5 - Adolphe Quételet en lice pour le titre de « Plus grand Belge de tous les temps »
6 - Anvers, ville-refuge pour Néerlandais

 

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1 - Circulation routière en 2002 : rapport encourageant

La Division Statistiques du SPF Économie vient de publier les statistiques, fort attendues, des accidents de la route pour l’année 2002. Un retard qui s’explique par le fait que, les données de base étant incomplètes, tout un travail d’extrapolation et d’ajustements statistiques a été nécessaire pour parvenir néanmoins à des résultats de qualité. La conclusion générale est qu’en ce qui concerne la sécurité routière en Belgique, les choses semblent évoluer dans le bon sens. S’il s’est produit légèrement plus d’accidents avec blessés en 2002 qu’en 2001 (47.619 contre 47.444, soit une hausse de 0,4 pour cent), il y a eu sur nos routes, en revanche, moins de tués (moins 9 pour cent) et de blessés graves (moins 8 pour cent). Le nombre de blessés légers a augmenté de 0,7 pour cent. Non seulement le nombre de victimes mortelles occupant une voiture ou un camion léger au moment de l’accident a reculé (moins 10 pour cent et moins 15 pour cent, respectivement), mais aussi parmi les cyclistes (moins 16 pour cent) et les piétons (moins 16 pour cent) l’évolution du nombre d’accidentés mortels paraît favorable. À l’inverse, la tendance est préoccupante pour les motocyclistes (12 pour cent de tués en plus) et pour les cyclomotoristes (8 pour cent de tués en plus).
Communiqué de presse officiel sur les accidents de la circulation en 2002
Fichiers annexes Accidents de circulation
Le Portail Mobilité – rubrique Sécurité routière

2 - La Belgique n’est pas une pépinière de pépinières

Des pommiers blottis contre un mur inondé de soleil, des cerisiers dressés fièrement comme arbres de haute tige, ou une pergola ornée de pampres : chaque jardin recrée son Eden. Dans notre pays, la taille moyenne des com¬munes est de 5.100 hectares. Une commune type se compose de 10,3 km2 de forêt et autres terrains boisés, de 29,7 km2 de terres agricoles, et de 3,9 km2 de zone habitée. Évidemment, on aurait grand peine à trouver une telle com¬mune « type », et l’occupation du sol varie fortement d’une commune à l’autre.
Prenons les pépinières. D’une part, en comparaison de l’année précédente, le nombre de pépinières de plantes orne¬mentales, forestières ou fruitières (1.133) a légèrement augmenté en 2004. D’autre part, le nombre de pépi¬nières à vocation fruitière a baissé de près de 30 pour cent par rapport à 1980, et celui des pépinières à vocation forestière de 47 pour cent. Pourtant, la superficie des terres mises en culture dans les pépinières a augmenté de 82 pour cent durant la même période; il faut donc en déduire que les entreprises pépiniéristes sont devenues moins nombreuses mais de plus grande taille. Une tendance à la concentration se manifeste donc également dans ce secteur. Au total, ces pépinières exploitent, en plein air, une superficie de 4.525 ha. Il est par ailleurs assez surprenant que la superficie consacrée aux pépinières de plants forestiers est quatre fois plus grande en Flandre-Orientale que dans le Luxembourg, qui est pourtant la province belge la mieux fournie en forêts.
Les arboriculteurs limbourgeois n’ont pas à chercher loin pour trouver leurs plants d’arbre. De l’ensemble des 665 ha d’arbre fruitiers, 40 pour cent se trouve au Limbourg. Dans cette même province se trouvent en outre la plu¬part (54 pour cent) des exploitations se consacrant à la culture de vignes, framboises, baies diverses, et autres espèces fruitières de petite taille. Celui qui chercherait dans les Ardennes des pépinières ou des vergers risque de s’en retourner bredouille. On ne trouve pas de pommes sous un poirier, comme chacun sait.
Recensements agricoles
Le Portail Agriculture

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3 - L’appétit de voyages, vu sous l’angle allemand

Selon le BAT Freizeit-Forschungsinstitut, les Allemands n’ont pas été en 2004 moins friands de voyages que précédemment. Cette année-là, 53 Allemands sur 100 sont partis en vacances, contre 52 sur 100 l’année antérieure. Ce qui, en revanche, paraît avoir changé, c'est la durée moyenne des séjours à l’étranger. Celle-ci en effet régresse systématiquement. En 1980, le citoyen allemand moyen séjournait 18,2 jours à l’étranger, en 1990 16,3 jours, en 2000 14,8 jours, et en 2004 12,8 jours seulement. L’institut de recherche attribue cette baisse de la durée des séjours à un budget vacances de plus en plus serré. Les Allemands, plus que les autres, ont tendance à organiser leurs voyages eux-mêmes, faisant appel moins souvent à un voyagiste.
En tête de la liste des destinations de vacances les plus prisées des Allemands en 2005 se trouve l’Allemagne elle-même (23,7 pour cent), suivie de l’Espagne (10 pour cent), de l’Italie (7,3 pour cent) et de la Turquie (6 pour cent). Sont souvent cités également : l’Autriche (5 pour cent), la Scandinavie (4,5 pour cent), la Grèce (3,1 pour cent) et la France (Monaco inclus) (3 pour cent), devant les États-unis et le Canada (qui ensemble comptent pour 2,2 pour cent), et la Croatie et Slovénie (totalisant 1,9 pour cent).
L’Enquête Vacances allemande

4 - De nombreux métiers gardent un fort caractère sexué

En 1961, selon l’Enquête sur les forces de travail et selon les recensements de la population de cette époque, on ne trouvait dans notre pays que des maîtresses de jardin d’enfants, et les agents de police féminins étaient quasi inexistants. En 2003, peu de glissements se sont produits à cet égard, certains métiers continuant de se profiler comme clairement « masculins » et d’autres comme typiquement « féminins ». Les femmes, comme auparavant, sont occupées le plus souvent dans les activités administratives et dans les secteurs de soins. Les professions de secrétaire (95 secrétaires sur 100 sont des femmes), de préparateur en pharmacie (92 sur 100), de diététicien (89 sur 100) ou d’infirmier (88 sur 100) sont largement exercées par des femmes. Également, il n’y a presque pas de nettoyeurs ménagers (0,2 pour cent) ou de maîtres de jardin d’enfants (1 pour cent). Á l'inverse, dans tous les types d’emplois appartenant au secteur du bâtiment, il y a une nette prédominance masculine. Des métiers techniques, tels que mécanicien automobile (99 sur 100), menuisier (98 sur 100) ou peintre (98 sur 100) ne sont exercés quasiment que par des hommes. Si les femmes qui prennent place au volant d’un camion sont très peu nombreuses (3,8 pour cent), les conductrices d’autobus (15 pour cent) font une ascension remarquée.
Pourtant, de plus en plus de projets de décloisonnement sont mis en œuvre, où hommes et femmes sont encouragés à suivre une formation professionnelle ou à choisir un métier en rapport avec un secteur où jusqu’ici peu de femmes ou peu d’hommes, respectivement, sont occupés.
Dans son livre, « De schoonheid van het verschil » (La Beauté de la différence), Martine Delfos, psychologue néerlandaise, chargée de cours et écrivain, estime que les professions spécifiquement masculines ou féminines ont peu de chances de devenir un jour « sexuellement neutres », étant donné que cet état de choses est lié à des différences entre hommes et femmes, elles-mêmes liées au rôle qui a été imparti à l’homme et à la femme par l’évolution biologique.
Métiers de femme et métiers d’homme
Les matelots viennent de Mars, les femmes de ménage viennent de Vénus

5 - Adolphe Quételet en lice pour le titre de « Plus grand Belge de tous les temps »

Ces jours-ci, la Flandre se consacre à identifier le « Plus grand Belge de tous les temps ». D’abord ont été présélectionnés 111 candidats au total. Ensuite, en plusieurs tours de scrutin, il reviendra au « peuple » d’élire le « Plus grand Belge de tous les temps ». Un des nominés n’est autre qu’Adolphe Quételet, le père belge de la statistique. Il figure à côté d’autres sommités comme Mercator, Vésale, Érasme, Breughel, Rubens et Charles Quint.
L’apport de Quételet à l’astronomie et à la statistique fut considérable. Il est à l’origine des recensements nationaux et de plusieurs concepts tels que l’indice de masse corporelle (officiellement appelé « index de Quételet »), la distribution normale (nommée par lui « courbe des possibles ») et l’homme moyen.
Une figure intéressante donc, que les sites ci-dessous vous permettront de connaître mieux.
Vie et oeuvre d’Adolphe Quételet
Histoire de la statistique en Belgique
Adolphe Quételet sur le site du concours « De Grootste Belg »
Adolphe Quételet sur le site du Standaard

6 - Anvers, ville-refuge pour Néerlandais

En 2004, quelque 49.000 personnes natives des Pays-Bas ont élu domicile à l’étranger. C’est ce qui ressort des chiffres de l’Institut national néerlandais de Statistique (CBS). Le nombre d’émigrants n’avait plus été aussi élevé depuis cinquante ans. La plupart des émigrants néerlandais partent pour l’Allemagne ou la Belgique. Ainsi, en 2003, 7.200 néerlandais ont émigré vers la Belgique et 6.200 vers l’Allemagne. Les motifs du départ concernent principalement le travail ou sont liés à une relation sentimentale. D’autres motifs pour s’installer en Belgique ou en Allemagne sont une fiscalité plus avantageuse et des loyers inférieurs. D’autre part, le Royaume-Uni a été choisi comme pays d’accueil en 2003 par 3.000 Néerlandais, la France et l’Espagne par 2.100 - ces deux derniers pays semblant attirer plus particulièrement les personnes d’un âge plus avancé.
Au 1er janvier 2004, un peu plus de 100.000 Néerlandais résidaient dans notre pays, ainsi qu’il ressort des chiffres de la Division Statistique du SPF Économie (anciennement INS). Sont recherchés surtout : l’ouest et le nord de la province de Limbourg, le nord de la province d’Anvers, le Pays de Waas, et certaines villes comme Anvers, Gand, Bruges, Louvain et Bruxelles. En chiffres absolus, Anvers, Lanaken, Hamont-Achel, Hoogstraten et Ravels se détachent très nettement. D’après Arno Sprangers et Han Nicolaas du CBS, une corrélation existe entre émigration vers l’étranger et conjoncture économique. C’est lors de périodes de forte croissance économique, comme vers la fin des années 90, que l'on constate les pics migratoires.
Publications téléchargeables sur le thème Population

 

 

6minutes la Belgique déchiffrée # 15 du 18/04/2005
chiffres et statistiques sur la Belgique, ses habitants et ses voisins,
déchiffrés par le SPF Économie - INS

 


 

Dans cette édition:
1 - Évolution de la stature moyenne : deviendrons-nous bientôt tous des géants ? (1)
2 - Évolution de la stature moyenne : deviendrons-nous bientôt tous des géants ? (2)
3 - Participation au monde du travail : l’écart hommes – femmes s’instaure de bonne heure
4 - Participation au monde du travail : l’écart hommes – femmes s’instaure de bonne heure (2)
5 - Œufs de poule à Charleroi…
6 - ... et plus d’un mètre de neige à Botrange

 

1 - Évolution de la stature moyenne : deviendrons-nous bientôt tous des géants ? (1)

Jusqu’ici, la stature moyenne ne faisait l’objet d’un suivi statistique que dans peu de pays. Pour avoir néanmoins, en nombre limité, quelques points de référence, force est donc de faire appel à des données historiques. Ainsi apprend-on dans le mémoire de fin d’études (2001) de Geertrui De Cooman (Université de Gand) que la taille debout des hommes en Flandre-Orientale au milieu du 18e siècle s’élevait en moyenne à 170 cm , et celle des femmes à 158 cm. Aux alentours de 1915, on constata, en mesurant la taille des nouvelles recrues dans un certain nombre de pays d’Europe du nord, que la stature s’était élevée à 174 cm en moyenne. Selon Eurostat, l’office statistique euro¬péen, la taille moyenne de la population âgée entre 15 et 24 ans était en 1996 de 177 cm pour les hommes et de 165 cm pour les femmes.
Selon Gazet van Antwerpen (27 avril 2004), les hommes néerlandais, d’une stature moyenne de 181 cm, sont les plus grands spécimens du monde. Ils sont suivis des Belges et des Américains (tous deux 175 cm), les Allemands devant se satisfaire de leurs 174 cm, et les Japonais de leurs 165 cm.
Chez les femmes, le classement recoupe à peu près celui des hommes. Ici également, ce sont les dames hollan¬daises, avec une taille moyenne de 168 cm, qui se hissent à la première place. Les femmes belges mesurent en moyenne 166 cm, les allemandes 164 cm, les américaines 162 cm et les japonaises 153 cm, soit, pour ces dernières, 15 cm de moins que les hollandaises.

2 - Évolution de la stature moyenne : deviendrons-nous bientôt tous des géants ? (2)

Dans notre pays, les courbes intégrant les mesures faites sur les enfants lors du contrôle médical scolaire étaient désuètes et périmées. Cependant, depuis peu, les courbes de croissance du laboratoire de génétique humaine de la Vrije Universiteit Brussel font figure de nouvelle référence en matière de stature des jeunes. Ces courbes s’appuient sur un échantillon représentatif de plus de 16 000 enfants.
Quoique le rythme d’accroissement de la taille moyenne de la population se soit ralenti depuis la deuxième guerre mondiale, cette taille a continué d’augmenter dans la plupart des pays occidentaux et industrialisés, y compris ces dernières décennies. L’accroissement à long terme varie de 0,3 à 3,0 cm par intervalle de 10 ans. Cet accroisse¬ment se manifeste surtout dans le jeune âge et est dû principalement à un allongement des jambes. Dans certaines populations, cette augmentation de la stature a cessé, tandis qu’elle se poursuit dans d’autres et que dans certaines communautés la stature moyenne tend même à diminuer. Les chiffres indiquent que les individus originaires des campagnes ou issus de classes socio-économiques moins favorisées ont connu une poussée de leur taille relative¬ment plus importante que les autres individus. La conséquence en est que les différences de taille entre les classes sociales ont tendance à s’amenuiser.

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3 - Participation au monde du travail : l’écart hommes – femmes s’instaure de bonne heure

Une analyse du Steunpunt WAV (association interuniversitaire flamande de recherche sur l’emploi), faite à partir de données du SPF Économie - INS et de l’entrepôt de données « Marché de l’Emploi » de la Banque-Carrefour de la Sécurité sociale, a mis en évidence qu’il existe un écart important entre le taux d’activité (c’est-à-dire le pourcentage d’actifs chez les 15 à 64 ans) des femmes et des hommes en Flandre. Cette différence entre les deux sexes s’installe à l’âge de 24 ans environ, pour s’accentuer ensuite jusqu’à l’âge de 54 ans ; ce n’est qu’après cet âge que l’écart tend à se réduire de nouveau.
Au tout début de la carrière professionnelle, il y a peu de différence entre hommes et femmes. Les taux d’activité évoluent de manière assez parallèle jusqu’à l’âge de 24 ans environ. Au-delà de cet âge, le taux d’activité masculin dépasse celui des femmes. Le taux d’activité des hommes reste à un niveau élevé entre 25 et 50 ans, tandis que chez les femmes le point culminant est déjà atteint à l’âge de 26 ans. Passé cet âge, le taux d’activité féminin tend à baisser progressivement et la pente de la courbe descendante s’accentue dès l'âge de 45 ans.
Le Portail Marché du Travail

4 - Participation au monde du travail : l’écart hommes – femmes s’instaure de bonne heure (2)

Si le taux d’activité tend à se tasser à partir d’un certain âge chez les hommes également, la période de déclin accéléré ne s’amorce que plus tard, une fois le cap des 50 ans franchi. Maarten Tielens du Steunpunt WAV insiste sur l’importance de certains « moments clefs » dans la vie des hommes et des femmes : « Chez les hommes, nous constatons que la baisse de l’activité professionnelle a lieu par à coups, à certains moments clefs : un premier et léger tassement à 58 ans, ensuite un véritable affaissement à l’instant d’atteindre la soixantième année, suivi enfin d’une légère baisse à 61 ans. » Ce qui est particulièrement frappant, c’est la chute brutale qui survient entre 59 et 60 ans : « À l’âge de 59 ans, cinq hommes sur dix travaillent encore ; à l’âge de 60 ans, ils ne sont plus guère que trois sur dix. Ces moments clefs indiquent clairement que chez les hommes le profil moyen de retrait de la vie active est fortement déterminé par les possi¬bilités qu’offre le législateur de quitter le monde du travail avant l’âge officiel de la retraite, » ajoute Maarten Tielens.
Le Portail Marché du Travail

5 - Œufs de poule à Charleroi…

Tout au long du 20e siècle, les observateurs de l’Institut royal météorologique ont noté jour après jour tout un éventail de variables météorologiques, à tel point que l’IRM dispose aujourd’hui d’une série de mesures climato¬logiques parmi les plus longues au monde. Les données ainsi relevées ont livré la matière de l’ouvrage « La Belgique au fil du temps. Les événements météorologiques marquants du vingtième siècle » de François Brouyaux, Pascal Mormal, Christian Tricot et Marc Vandiepenbeeck. Avec cet ouvrage, destiné à un vaste public, l’Institut royal météorologique de Belgique entend donner un aperçu de notre histoire climatologique.
La plupart des Belges vivent certes sous un « climat maritime tempéré », mais lorsqu’on examine les données météorologiques du siècle passé, on est étonné de découvrir nombre de valeurs extrêmes. Voici un petit échantillon prélevé dans ce copieux inventaire. Le 10 février 1902, il tombe 35 cm de neige à Uccle, la couche de neige la plus épaisse observée pendant tout le 20e siècle. La quantité de neige est d’autant plus remarquable qu’elle est le résultat d’une seule et même averse. Le 12 mars 1906, un raz-de-marée d’une force exceptionnelle accompagné de vents très violents occasionne des brèches dans plusieurs digues du pays de Waas. En moins de deux heures, le niveau de l’Escaut s’élève de trois mètres. Le 28 juin 1906, de la grêle s’abat sur tout le pays lors de violents orages. À Beaumont, on trouve un grêlon de 250 grammes. Dans la région de Charleroi, on signale des grêlons de la grosseur d’un œuf de poule ; à Stabroek, il en tombe de la taille d’un œuf de pigeon... Le 11 juillet 1921, une chaleur accablante règne dans nos contrées. La température maximale grimpe à 40,0°C à Saint-Josse-ten-Noode. Cette année-là, la Belgique souffre en outre d’un important déficit pluviométrique. Le lac de retenue de la Gileppe est quasiment à sec.
Le froid intense qui en février 1929 tient la Belgique dans son étreinte a donné lieu à la formation de bancs de glace dans les rivières et canaux. On peut traverser la Meuse à pied et sur les plages de la mer du Nord se dressent des blocs de glace hauts de deux mètres...
Présentation de l’ouvrage « La Belgique au fil du temps »
Page Climat du SPF Économie - INS
Portail Environnement, rubrique climat
Le climat du 20e siècle en Belgique
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6 - ... et plus d’un mètre de neige à Botrange

Durant la nuit du 31 janvier au 1er février 1953, une violente tempête de secteur nord-ouest, conjuguée à une marée de vive eau, provoque des inondations catastrophiques en Belgique et aux Pays-Bas, faisant de nombreuses victimes. Pendant que la région côtière est frappée par la tempête la plus dévastatrice du siècle, les Ardennes subissent un véritable blizzard, qui va durer près de quarante-huit heures, paralysant toutes les voies de communication et coupant du monde extérieur plusieurs villages. Le hameau de Rheinartzhof (Eupen), aujourd'hui disparu, reste isolé pendant cinq jours. Le 9 février, on relèvera 1,15 m de neige à Botrange (Waimes), l'épaisseur de neige la plus importante du siècle en Belgique.
Le 25 juin 1967 est également une date qui est restée gravée dans la mémoire de beaucoup. De violents orages éclatent dans tout le pays, accompagnés, à certains endroits, de la chute de très gros grêlons. Une tornade sévit à Oostmalle, endommageant plus de la moitié des 900 logements du village et en détruisant entièrement 117. La tornade poursuit son chemin en direction des Pays-Bas, y causant d’autres dégâts.
« La Belgique au fil du temps. Les événements météorologiques marquants du vingtième siècle » a paru aux éditions Le Roseau vert sous la plume de François Brouyaux, Pascal Mormal, Christian Tricot et Marc Vandiepenbeeck. L’ouvrage comprend une préface de Bertrand Piccard, une introduction, une longue compilation de tous les faits marquants météorologiques du vingtième siècle, des statistiques et un lexique fort pratique.
Présentation de l’ouvrage « La Belgique au fil du temps »
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En collaboration avec l’INS (Institut national de Statistique – Direction générale de la Statistique et de l’Information économique – SPF Économie)

Redaction: Erik Vloeberghs
Réactions et communiqués de presse: editor@6minutes.net