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4ième trimestre 2004

6minutes la Belgique déchiffrée  


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6minutes la Belgique déchiffrée # 11 du 20/12/2004
chiffres et statistiques sur la Belgique, ses habitants et ses voisins,
déchiffrés par l’Institut national de Statistique

Dans cette édition:
1 - Écarts de salaire persistants entre hommes et femmes
2 - ... et comment les expliquer
3 - Le rap et hip-hop est le genre musical préféré des jeunes
4 - Difficile face-à-face avec la boîte de réception (1)
5 - Difficile face-à-face avec la boîte de réception (2)
6 - Combien de Français font-ils du sport ?

1 - Écarts de salaire persistants entre hommes et femmes

Une étude récente du centre de connaissances en RH de SD Worx a mis en lumière qu’en 2004 les femmes gagnent, pour une même fonction, en moyenne 4,7 pour cent de moins que leurs collègues masculins. Dans la catégorie d’âge de 50 ans et plus, les écarts tendent à se creuser davantage encore : les femmes âgées de 50 ans et plus gagnent en moyenne près d'un dixième (9,6 pour cent) de moins que leurs collègues masculins du même âge. Et cette disparité salariale s’accentue lorsque le niveau de responsabilité augmente. Dans les postes de direction et chez les cadres moyens et supérieurs, on observe des différences de salaire de 9,2 pour cent ; chez les employés et chez les cadres inférieurs, l’écart retombe à 4,4 pour cent en moyenne. Pourtant, l’espoir reste permis pour les femmes : chez les salariés jeunes, les disparités salariales sont déjà plus réduites. Ainsi, les employées de 25 à 29 ans ne gagnent que 3,1 pour cent de moins que leurs collègues masculins.
Les employées gagnent près de 5% de moins que leurs collègues masculins

2 - ... et comment les expliquer

Mais n’y aurait-il pas des causes objectives à ces différences de salaire entre hommes et femmes ? Le monde des entreprises opérant en effet d’une manière que l’on peut croire rationnelle, n’est-il pas légitime dès lors de supposer des motifs rationnels à cette différence de salaire ? L'une des explications possibles réside dans le taux d’absentéisme plus élevé chez les femmes. En 2003, l’absentéisme des employées était de 6,85 pour cent, et celui des employés masculins de 3,2 pour cent seulement, c’est-à-dire moins de la moitié. Se pourrait-il que les employeurs en tiennent compte ?
Lorenzo Andolfi de SD WORX : « Le taux d’absentéisme est effectivement plus élevé chez les femmes, mais je n’oserais pas pour autant affirmer que l’employeur en tienne compte au moment de calculer la rémunération. Notre étude nous a seulement permis de constater que les femmes gagnent quasi systématiquement moins que les hommes pour ce qui est du salaire fixe. S’agit-il de discrimination ? Oui sans doute, mais il faudrait vérifier si, dans une même entreprise, un homme faisant exactement le même travail que sa collègue et ayant le même âge et la même expérience professionnelle, gagne davantage ou non. La différence de salaire de 4,7 pour cent tient compte du type d’emploi et de l’âge, mais cela ne veut pas dire qu’il y a une différence de salaire de 4,7 pour cent dans chaque entreprise. C’est un chiffre qui a été calculé pour l’ensemble des entreprises, globalement. »
Selon Lorenzo Andolfi, il ne semble pas non plus qu’il faille en chercher la raison dans une différence au niveau des heures supplémentaires non rémunérées : « Cela me paraît peu probable. Il ressort de la base de données du secrétariat social de SD Worx, où se trouvent consignées les données de 400.000 individus, qu’en 2003 le nombre d’heures supplémentaires rémunérées est plus élevé chez les employés masculins que féminins. De plus, une autre étude auprès de 3.000 salariés a montré que la proportion de salariés bénéficiant d’heures supplémentaires rémunérées est plus faible chez les femmes que chez les hommes. Quant au nombre d’heures supplémentaires non rémunérées effectuées par les salariés, il se dérobe totalement à notre analyse. Je ne suis donc pas en mesure de confirmer cette hypothèse. »
Environ quatre-vingts fonctions d’employé ont été passées au crible dans cette étude; cependant, seul le salaire annuel fixe touché par l’employé y a été pris en considération, le salaire variable et les avantages extra-légaux n’ayant pas été examinés.
Absentéisme dans le secteur privé

3 - Le rap et hip-hop est le genre musical préféré des jeunes

Une étude du groupe de recherche TOR (Tempus Omnia Revelat) de la VUB révèle que le rap et hip-hop étaient le genre musical le plus populaire en 2002 chez les jeunes de 14 à 18 ans. Pas moins de 73 jeunes sur 100 jugent bon à très bon le rap et le hip hop. En deuxième position viennent la soul et le R&B, suivis du rock à la troisième place. La house a subi une sérieuse chute de popularité : alors que dans l’étude précédente (1999/2000), la house était apparue comme le genre musical le plus populaire, elle est retombée à la onzième place en 2002. Avec une nuance cependant : dans le classement figurent aussi des styles de musique apparentés, tels que la techno (appréciée par 52 pour cent des jeunes), le drum'n'bass (qui séduit 51 pour cent des jeunes) et le gabber (20,9 pour cent d’amateurs). Près de la moitié (46,7 pour cent) des 14-18 ans se déclarent aficionados de heavy metal et de hard rock. La fusion et la lounge sont prisées par 22,8 pour cent, la musique du monde (« world music ») par 29,8 pour cent, le folk par 15,4 pour cent, la musique classique et sa version plus légère par 16,1 pour cent, et 14 pour cent enfin apprécie la chanson française. On trouvera tous ces chiffres dans l’étude de Wendy Smits (VUB) intitulée « Maatschappelijke participatie van jongeren. Bewegen in de sociale, vrijetijds- en culturele ruimte ».
Quelles fonctions la musique remplit-elle ? Frank Stevens, sociologue, qui a collaboré à cette étude, nous explique : « Les recherches sur les jeunes en Flandre ont démontré que les jeunes se servent de la musique dans différents buts : pour se détendre, pour y trouver une consolation ou simplement pour passer le temps. Bien sûr, la musique remplit aussi une fonction sociale : c’est un sujet de conversation idéal qui concourt à créer un sentiment d’appartenance à un groupe, ou au contraire, permet justement de se distinguer des autres jeunes. »
Styles musicaux (Yahoo!)
Styles musicaux (Open Directory Project)
Styles musicaux (Google)

4 - Difficile face-à-face avec la boîte de réception (1)

Il est 14h20, et quoique je n’aie envoyé que 17 courriels, j’en ai déjà reçu 24 « ordinaires », plus une quinzaine de « pourriels » (spam-mails). Ma boîte de réception est pleine à craquer; une grossière estimation m’apprend qu’il doit s’agir de quelque 6.000 messages. L’affrontement avec ma boîte de réception prend l’allure d’une spirale inflationniste où les messages me parviennent toujours bien plus nombreux que je ne suis capable d’en dépouiller. Il est probable que je suis loin d’être le seul à me trouver dans cette situation. En mai 2004, la firme Time-Smart, qui depuis 1991 se spécialise en « gestion du temps », a interrogé 2.130 personnes sur leurs habitudes en matière de messagerie électronique sur le lieu de travail.
Quelques constatations : 77,0 pour cent des personnes interrogées utilisent Outlook, 12,9 pour cent Lotus Notes, et 10,1 pour cent un autre logiciel de messagerie (IncrediMail, Eudora...). 66,1 pour cent des répondants expédient entre 0 et vingt courriels par jour, 27,6 pour cent en expédient entre vingt et quarante, 5,0 pour cent entre quarante et soixante, 1,0 pour cent entre soixante et quatre-vingts, et 0,4 pour cent en expédient davantage encore.
En moyenne, le nombre de courriels reçus dépasse celui des courriels envoyés. Ainsi, 39,3 pour cent reçoivent quotidiennement entre 0 et vingt courriels, 41,5 pour cent en reçoivent de vingt à quarante, 13,2 pour cent de quarante à soixante, 3,0 pour cent de soixante à quatre-vingts, et également 3,0 pour cent en reçoivent plus de quatre-vingts.
time-smart
Rapport annuel 2004 de MessageLabs
Latest Email Threats (MessageLabs)

5 - Difficile face-à-face avec la boîte de réception (2)

N’est-il pas étrange de recevoir plus de courriels que l’on en expédie ? Tom Jacobs de Time-Smart nous explique : « En fait, le problème de la boîte de réception gît souvent dans la boîte d’envoi, c’est-à-dire dans notre attitude vis-à-vis de cet outil. Songez au funmail. Plus on envoie de funmail, plus on en reçoit en retour. Donner suite à des pourriels ou se joindre à une chaîne de lettres est une façon de notifier que son adresse électronique est active et s’exposer, en conséquence, à recevoir davantage de pourriel encore. Mais également : il arrive qu’un message, si l'on n’y prend garde, soit intempestivement expédié avant qu’on n’ait attaché les fichiers qui auraient dû l’accompagner (inattention); si on envoie un message à plus d’un destinataire à la fois, on risque de les voir répondre tous chacun de leur côté (communication confuse). Si vous ne précisez pas clairement quelle réponse vous attendez et de la part de qui, il y a de fortes chances pour que les destinataires se dérobent, se repoussant mutuellement la charge de répondre, avec tout ce que cela entraîne de va-et-vient électro-épistolaire (attitude d’esquive). »
« Quatre-vingt-onze pour cent des répondants ont le sentiment que le nombre de courriels qu’ils envoient et qu’ils reçoivent, et qui stationnent dans leur boîte de réception, s’est encore accru au cours de l’année écoulée », indique le rapport de Time-Smart. C’est donc que les choses vont encore empirer ! « Pas nécessairement », nous rassure Tom Jacobs, qui insiste que les collaborateurs d’une même équipe de travail s’emploient à échanger leurs astuces et à faire part de leurs expériences dans le domaine de la messagerie électronique. En même temps, il semblerait qu’à l’échelon de l’entreprise on s’efforce d’« expliciter » davantage la politique et les lignes de conduite en matière de courrier électronique. L’enquête fait apparaître par ailleurs que 98 pour cent des répondants dépouillent le courrier électronique plusieurs fois par jour. Et 20 pour cent s’empressent même de lire les messages immédiatement ! Selon Time-Smart, les courriels risquent ainsi de bénéficier d’une priorité qu’ils ne méritent pas.
Sur le site de Time-Smart, l'on peut s’inscrire à des conseils hebdomadaires portant sur la gestion du temps, les réunions, le courriel, le management et le « smart-networking ».
Conseils hebdomadaires time-smart

6 - Combien de Français font-ils du sport ?

Parmi les Français âgés de 15 à 75 ans, 88 hommes sur 100 et 78 femmes sur 100 déclarent faire du sport. Plus on est jeune, plus l'on est sportif. Dans la catégorie des 15 à 24 ans, ils ne sont pas de moins 97 sur 100 chez les hommes et 86 sur 100 chez les femmes à pratiquer un sport. La proportion de sportifs régresse systématiquement avec l’âge; toutefois on observe, tant chez les hommes que chez les femmes, un petit rebond de sportivité à l’âge moyen, même si ce regain survient un peu plus tard chez les hommes – en moyenne entre 45 et 54 ans – que chez les femmes, chez qui ce nouveau frémissement sportif se manifeste entre 35 et 44 ans. Les hommes sont plus souvent membres d’un club de sport que les femmes.
Et quels sont donc les sports pratiqués par nos voisins du Sud ? La marche et l’escalade (42 pour cent), le vélo (35 pour cent), la natation (32 pour cent), le jeu de boules (21 pour cent), le football (20 pour cent) et la course à pied (20 pour cent également) sont les sports les plus souvent cités par les hommes. Les sports préférés des femmes sont la marche et l’escalade (53 pour cent), la natation (34 pour cent), le vélo (23 pour cent), la gymnastique (21 pour cent), la course à pied (10 pour cent) et le ski (10 pour cent également). La gymnastique est le sport le plus « féminin » : il est, parmi les sports principaux, celui qui compte proportionnellement le plus de pratiquantes. À l’opposé, le sport le plus masculin est le « foot ». C’est ce qui ressort des chiffres de l’INSEE, l’Institut National de Statistique français.
Les Français et la pratique du sport


 

6minutes la Belgique déchiffrée # 10 du 22/11/2004
chiffres et statistiques sur la Belgique, ses habitants et ses voisins,
déchiffrés par l’Institut national de Statistique


Dans cette édition:
1 - La population belge en augmentation de 45.000 unités
2 - Les employés de bureau souffrent surtout de maux de tête
3 - « Féminisation » de la délinquance aux Pays-Bas
4 - La longueur de la côte belge
5 - La voiture, ma liberté ?
6 - Baguenauder à travers l’Union européenne

1 - La population belge en augmentation de 45.000 unités

Au 1er juillet 2004, selon les chiffres de l’INS (SPF Économie), la Belgique comptait 10.417.122 habitants, soit une nouvelle fois près de 45.000 de plus que l’année précédente (+0,43%). En Flandre, la population a augmenté de 24.000 unités (+0,4%), en Wallonie de 13.500 (+0,4%) et dans les 19 communes bruxelloises de plus de 7.000 (+0,7%). Bruxelles a franchi le cap du million et compte à présent 1.004.239 habitants. Le nouveau chiffre de la population s’élève à 6.027.395 pour la Flandre et à 3.385.488 pour la Wallonie. Le nombre d’habitants a progressé dans 445 des 589 communes, régressé dans 142, et est demeuré inchangé dans deux communes : Beernem et Clavier.
Herstappe a perdu une habitante et reste, avec ses 86 habitants, la plus petite commune de Belgique. Mesen (969 habitants) et Daverdisse (1.339 habitants) font également partie des communes les plus petites du pays. À l’opposé, les communes les plus peuplées sont Anvers (457.319), Gand (229.898), Charleroi (200.983), Liège (185.608) et Bruxelles (143.056). La métropole sur l’Escaut, qui a vu le nombre de ses habitants s’accroître de 3.147 unités, a aussi connu en termes absolus la plus forte croissance de population du pays, suivie des communes de Bruxelles (+2.069), Gand (+1.417), Molenbeek-Saint-Jean (+1.139), Liège (+1.134), Ixelles (+1.107), Anderlecht (+874), Namur (+625), Vilvorde (+623) et Dilbeek (+545). L’augmentation relative la plus importante revient à Saint-Georges-sur-Meuse (avec un taux d’accroissement de 3 habitants sur 100), suivie de Martelange, Somme-Leuze, Froidchapelle, Faimes, Attert, Tinlot, Espierre-Helchin, Beauvechain et La Hulpe.
Louvain a perdu entre le 1er juillet 2003 et le 1er juillet 2004 466 habitants, Courtrai 425, Verviers 277, Ypres 145, Flémalle 138 et Rixensart 136. C’est à Brugelette que la baisse relative a été la plus marquée (perte de 2 habitants sur 100). Parmi les communes comptant moins d’habitants au 1er juillet 2004 qu’à la même date de l’année précédente figurent aussi Ouffet, Bièvre, Engis, Zomergem, Herstappe, Aiseau-Presles, Zuienkerke, Flobecq et Anhée.
Population par commune au 1er juillet 2004

2 - Les employés de bureau souffrent surtout de maux de tête

Les douleurs provoquées par l’activité professionnelle (liées à la concentration intellectuelle, à une mauvaise position assise, à de longues périodes de station debout …) ont une répercussion importante sur l’état de santé mental et physique de l’individu. Sur l’ensemble des salariés interrogés, un sur trois déclare souffrir de douleurs liées au travail. Parmi eux, 48 pour cent se plaignent de douleurs dans le dos et 15 pour cent de douleurs des membres inférieurs ou de céphalées. Les ouvriers non qualifiés souffrent surtout de maux de dos. Pour les ouvriers qualifiés, en revanche, les douleurs sont davantage ressenties dans les membres supérieurs. Quant aux employés de bureau, c’est de mal de tête qu’ils se plaignent le plus souvent.
Néanmoins, plus de la moitié (58 pour cent) de la population active s’efforce de continuer à travailler normalement. Un salarié sur cinq se hâte de prendre un cachet ou s’applique à se décontracter, mais sans interrompre le travail, et un sur dix fait une pause. Seuls 3 pour cent des salariés rentrent à leur domicile.
D’autre part, les chiffres font apparaître que 15 pour cent des personnes interrogées estiment que le problème n’est pas pris au sérieux par l’entreprise ; pour 27 pour cent d’entre elles, il est même question d’une méconnaissance totale, et pour 16 pour cent, le problème est « négligé ». C’est ce qui ressort des résultats d’une étude menée par l’institut de recherche INRA à la demande du Pain Advisory Board (PAB).
Le site belge consacré à la douleur

3 - « Féminisation » de la délinquance aux Pays-Bas

En 2003, la police néerlandaise a auditionné, suite à divers délits, quelque 347.000 suspects. Selon les calculs du Bureau central néerlandais de Statistique (CBS), le nombre de suspects rapportés à la population totale a grimpé de 20,8 pour mille en 1998 à 26,2 pour mille en 2003. Près de neuf suspects entendus sur dix sont des hommes, mais il semble que les femmes - et en particulier les plus jeunes - aient engagé une opération de rattrapage. En effet, le nombre de suspectes (féminines) pour mille habitants a progressé plus rapidement que le nombre de suspects masculins. Le nombre, pour mille habitants, de suspects majeurs de sexe masculin a augmenté de 25 pour cent au cours de la période 1998-2003, et celui des suspectes majeures (de sexe féminin) de 38 pour cent. Ont été comptabilisés ici tous les délits quels qu’ils soient : tant les atteintes à la propriété, les déprédations et les actes de violence, que les délits liés à la circulation routière, aux stupéfiants et aux armes à feu. Mais le différentiel de hausse entre taux masculin et taux féminin est plus important encore chez les suspects jeunes entendus pour des actes de délinquance : le nombre, pour mille habitants, de filles auditionnées a augmenté de 48 pour cent, alors que le nombre de garçons auditionnés a augmenté « seulement » de 14 pour cent.
Depuis environ 1980, les jeunes filles sont donc en train de combler leur retard sur le plan de la délinquance. En 2003 a été atteint le record provisoire de 16 filles sur 100 jeunes suspects des deux sexes. Par rapport au début des années soixante, la part prise par les filles dans la délinquance juvénile totale a doublé. La part des filles dans les actes de violence et les déprédations a même triplé depuis 1960. Sans doute ne s’agit-il pas là du type d’émancipation féminine que les Pays-Bas escomptaient.

4 - La longueur de la côte belge

Quelle est la longueur de la côte belge? Voilà une question à laquelle nul n’est en mesure de donner une réponse univoque. En effet, la ligne côtière peut être comprise de trois manières différentes, donnant lieu chacune à un résultat différent. Ainsi, la côte belge est longue soit de 72,3 km, de 66,6 km ou de 65,3 km.
La première option consiste à mesurer la longueur de la courbe de niveau 0 en se basant sur le deuxième nivellement général (le niveau 0 correspond au niveau moyen des basses mers) en prenant en compte le port de Zeebrugge. La côte est alors longue de 72,3 km.
La deuxième option s’appuie sur le même principe, sauf qu’elle ne prend pas en compte le port de Zeebrugge. La côte ne mesure déjà plus que 66,6 km.
Enfin, dans la troisième option, on mesure la longueur de la droite reliant les deux points extrêmes de la frontière maritime belge. Cela donne alors une ligne côtière de 65,3 km.
Longueur des frontières d’État

5 - La voiture, ma liberté ?

En 2003, la circulation routière a encore augmenté de 0,4 pour cent. Le nombre de véhicules-kilomètres parcourus s’est accru plus fortement sur les autoroutes (plus 0,8 pour cent) et sur les routes communales (plus 0,5 pour cent) que sur les routes régionales et provinciales (plus 0,2 pour cent). Il y a également des différences d’une région à l’autre. En région wallonne, l’intensité de la circulation a augmenté de 1,3 pour cent, mais la Flandre a connu à peu près un statu quo (moins 0,1 pour cent), et à Bruxelles-Capitale, le nombre de kilomètres parcourus a même baissé de 0,9 pour cent. Les autoroutes assument plus d’un tiers du trafic total (34 pour cent), les routes régionales et provinciales 43 pour cent, et les routes communales les 23 pour cent restants. La grande majorité des usagers de la route sont des automobilistes. Ils représentent 84,1 pour cent du nombre total de kilomètres, les camions et tracteurs routiers 14,4 pour cent, les motocycles 1,1 pour cent, et les autobus et cars de tourisme 0,7. Les voitures belges ont parcouru en 2003 en moyenne 15.039 kilomètres sur nos routes. En 1985, ce chiffre s’élevait encore à 12.493 kilomètres, soit 20,4 pour cent de moins !
Les données proviennent du SPF Mobilité et Transports et ont été reprises et traitées plus avant par l’INS (SPF Économie).
Le Portail Mobilité

6 - Baguenauder à travers l’Union européenne

La Commission européenne vient de publier à l’intention du grand public une brochure intitulée « L’Union européenne en lettres et en chiffres » qui offre un ensemble actualisé de chiffres et de graphiques. Entre autres choses, il apparaît que l’UE a une densité de population égale à quatre fois celle des États-Unis et à environ quarante fois celle du Canada. Cette densité de population menaçant de mettre à mal l’environnement et les ressources naturelles, le développement durable est devenu une des premières priorités. Ces dix dernières années, tous les pays de l’UE ont vu leur prospérité augmenter et le niveau de vie de leurs citoyens progresser sensiblement. C’est le cas en particulier de l’Irlande, pays relativement pauvre au moment d’adhérer à l’UE, mais qui a enregistré des progrès saisissants, dont il est en partie redevable à l‘UE. Il est escompté que les pays qui se sont joints à l’UE en 2004 fassent un bond en avant similaire. À mesure que la prospérité des citoyens de l’UE va en augmentant, ceux-ci dépensent davantage d’argent, ce qui stimule l’activité des entreprises européennes. Si l’on considère le SPA (« standard de pouvoir d’achat », indicateur reflétant le plus fidèlement possible le niveau de vie dans les différents pays) par habitant, la Belgique se situe à l’heure actuelle au sixième rang des pays les plus riches de l’Union européenne. Seuls nous précèdent sous ce rapport le Luxembourg, l’Irlande, le Danemark, les Pays-Bas et l’Autriche.
Considéré dans son ensemble, le niveau d’instruction de la population de l’UE n’a jamais cessé d’augmenter ces trente dernières années. Les femmes, qui avaient, voici une génération encore, un niveau d’instruction plus faible que les hommes, ont compensé leur retard sur leurs concitoyens masculins, voire les ont dépassés.
Selon une enquête menée en décembre 2000, 53 pour cent des Européens connaîtraient, outre leur propre langue maternelle, au moins une autre langue européenne, 26 pour cent affirmant même en connaître deux. En plus de leur langue maternelle, les Européens maîtrisent surtout l’anglais (41 pour cent), le français (19 pour cent), l’allemand (10 pour cent), l’espagnol (7 pour cent) et l’italien (3 pour cent).
L’Union européenne en lettres et en chiffres


 

6minutes la Belgique déchiffrée # 9 du 25/10/2004
chiffres et statistiques sur la Belgique, ses habitants et ses voisins,
déchiffrés par l’Institut national de Statistique

Cette édition a été envoyée à 5971 abonnés

 


 

 

Dans cette édition:
1 - L’effet « jour de la semaine »…
2 - … et l’effet « heure de la journée » au concours Reine Élisabeth
3 - Travail et forces de travail
4 - Croissance ralentie du commerce extérieur belge
5 - La Belgique, pays ouvert
6 - De l’art de voyager

 

1 - L’effet « jour de la semaine »…

Le concours Reine Élisabeth passe pour un des concours musicaux les plus importants au monde. Il est consacré alternativement au violon, au piano et au chant. Bruno Heyndels et Kristien Werck, chercheurs à la VUB, ont publié dans la revue musicale flamande « Contra. » une analyse en trois parties des résultats obtenus lors des 24 concours pour piano et violon qui ont eu lieu entre 1956 et 2003. Leurs calculs font apparaître que les femmes sont en moyenne moins bien classées que les hommes, que le morceau au choix du concurrent a une influence certaine et qu’interviennent en outre un effet « jour de la semaine » et un autre effet, plus puissant encore, « heure de la journée ».
La finale du concours s’étend sur six journées consécutives, avec à chaque fois deux candidats par jour. Bien que l’ordre de présentation des douze musiciens soit déterminé par tirage au sort et par conséquent tout à fait aléatoire, l’on constate néanmoins que les finalistes qui se sont présentés devant le jury les derniers jours de la semaine ont obtenu un classement systématiquement supérieur à ceux qui se sont soumis au jugement de ce même jury les premiers jours de la semaine (c’est l’effet « jour de la semaine »). Les candidats qui se sont présentés en ouverture du concours ont en moyenne terminé à la 8,81e place (sur douze candidats). Les candidats qui se sont produits sur la scène au cours de la première moitié de la semaine finale, ont fini en moyenne à la 7,05e place. Les candidats, enfin, qui ont fourni leur prestation dans la seconde moitié du concours ont en moyenne atteint la 5,95e place.

2 - … et l’effet « heure de la journée » au concours Reine Élisabeth

D’autre part, le second candidat de la journée au concours Reine Élisabeth se classe systématiquement mieux que le premier (c’est l’effet « heure de la journée »). Lorsque l’on reporte les résultats du concours sur un graphique, l'on obtient une courbe en dents de scie. Les candidats qui ont « essuyé les plâtres » se sont retrouvés en moyenne à la 7,24e place, tandis que les candidats qui se sont produits en second la dernière journée de la finale se sont classés en moyenne 5,76e.
Sur les 144 candidats qui ont réalisé leur prestation en second lors d’une journée de finale, 90 ont réussi à se ranger parmi les six premiers lauréats (seuls 54 n’y parvenant donc pas). Il est donc clair que l’ordre dans lequel les candidats se produisent devant le jury a une grande importance, en dépit du fait que cet ordre est fixé par tirage au sort. Comment ces effets peuvent-ils s’expliquer ? Plusieurs éléments d’explication ont été mis en avant : l’absence pour le jury d’un cadre de référence au début du concours - ou de la journée - et en conséquence l’attribution (par circonspection) de cotes plus faibles; la fatigue des jurés (les rendant moins attentifs aux insuffisances techniques des candidats); une tension nerveuse plus grande chez les premiers candidats; le rodage de l’orchestre d’accompagnement... Le remède n’est pas évident. « La plupart des solutions proposées sont susceptibles de porter atteinte à la spécificité propre du concours, voire donneraient lieu à d’autres problèmes », font observer Bruno Heyndels et Kristien Werck.

3 - Travail et forces de travail

L’an passé, 4.070.355 personnes détenaient un emploi dans notre pays. De ces personnes, 56,0 pour cent travaillaient en région flamande, 25,9 pour cent en région wallonne, 16,0 pour cent à Bruxelles-Capitale, et 2,1 pour cent à l’étranger. Au total, 1,3 millions d’employés et 1,1 millions d’ouvriers étaient occupés dans le secteur privé, et un million de personnes dans la fonction publique.D’autre part, plus de 600.000 personnes étaient inscrites comme travailleur indépendant ou comme auxiliaire.
De l’ensemble des salariés, 78,4 pour cent travaille à temps plein. Cette proportion est de 93,6 pour cent chez les hommes et de 59,0 pour cent chez les femmes.
Les salariés à temps partiel, lorsque interrogés sur les raisons de leur régime de travail, étaient 11,9 pour cent à répondre qu’ils ne désiraient simplement pas d’emploi à temps plein, 19,2 pour cent qu’ils n’avaient pas réussi à trouver un emploi à temps plein, 24,5 pour cent qu’ils préféraient s’occuper des enfants, et 24,8 pour cent ont indiqué comme raison des motifs personnels ou familiaux. Une part assez faible des salariés est en retraite anticipée, et n’est donc autorisée à travailler qu’à temps partiel (1,3 pour cent), ou se trouve en incapacité de travail (2,9 pour cent). Mais d’autres raisons encore de travailler à temps partiel ont été invoquées.
Les chiffres proviennent de la publication ‘Enquête sur les forces de travail’, que l’on peut télécharger depuis le site de l’INS (Institut national de Statistique, Statistique et Information économique, SPF Économie).
Résultats de l’Enquête Forces de Travail 2003

4 - Croissance ralentie du commerce extérieur belge

Au cours de la période 1980-2003, le commerce extérieur de la Belgique (moyenne des importations et des exportations de biens et de services à prix constants) a augmenté chaque année en volume de 4,2 pour cent en moyenne; ce taux de croissance dépasse de beaucoup celui de l’activité économique elle-même, laquelle n’a progressé que de 1,9 pour cent. Néanmoins, l’expansion du commerce extérieur de la Belgique a été la plus faible des pays de la zone euro, où il s’est accru en moyenne de 4,8 pour cent. C’est ce que relève Wim Melyn dans la dernière édition de la Revue économique, une publication de la Banque nationale de Belgique.
L’auteur donne un certain nombre de raisons expliquant cette moindre croissance du commerce extérieur de la Belgique. D’abord, la croissance économique moyenne en Belgique au cours de la période 1980-2003 (1,9 pour cent) a été inférieure à celle de la zone euro dans son ensemble (2,2 pour cent). Cela est dû d’une part au mouvement de rattrapage entrepris par l’Espagne, le Portugal et surtout l’Irlande au cours de cette période, mais d’autre part aussi au fait que la croissance de la Belgique durant la première moitié des années quatre-vingt est restée inférieure à celle de ses trois principaux voisins. En outre, l’intégration des pays susnommés à l’UE a provoqué une forte augmentation du commerce international. Enfin, Melyn souligne que la Belgique avait déjà un degré d’ouverture élevé bien avant 1980.
Dans la période 1980-2003, les exportations belges de biens et services n’ont progressé chaque année que de 4,3 pour cent en moyenne (évolution à prix constants). Seules la Grèce (3,7 pour cent) et l’Italie (4,1 pour cent) affichent des taux plus faibles. La croissance moyenne des exportations dans la zone euro s’est élevée à 4,9 pour cent. L’Allemagne (4,5 pour cent - données s’appliquant, jusqu’à 1992 inclus, à l’Allemagne de l’Ouest seule), la France (4,8 pour cent), les Pays-Bas (4,9 pour cent) et l’Autriche (5,1 pour cent) ont devancé la Belgique de quelques pour cent seulement; en Finlande (5,3 pour cent), au Portugal (6,0 pour cent), en Espagne (7,0 pour cent) et au Luxembourg (7,0 pour cent), la croissance annuelle moyenne des exportations s’est située entre 1980 et 2003 de 1 à 2,7 pour cent au-dessus de ce qu’elle a été en Belgique, et en Irlande les exportations ont connu une croissance spectaculaire de 10,6 pour cent par an.
Revue économique de la Banque nationale de Belgique

5 - La Belgique, pays ouvert

Le degré d’ouverture de la Belgique, calculé comme le rapport entre d’une part la moyenne des importations et des exportations de biens et de services et d’autre part la demande finale, a atteint 43,7 pour cent en moyenne au cours de la période 1995-2003. La Belgique occupe ainsi la troisième place dans la zone euro, où le degré d’ouverture est en moyenne de 24,9 pour cent. Pour les seuls échanges de services, la Belgique, avec un taux d’ouverture de 7,5 pour cent, se situe au quatrième rang des États de la zone euro, après le Luxembourg (pays doté d’un important secteur financier), l’Irlande et l’Autriche. En revanche, la France et l’Allemagne ont en ce qui concerne les échanges de services un taux d’ouverture fort bas.
Pour ce qui est des seuls échanges de biens, la Belgique, avec ses 36,2 pour cent, réussit à afficher le taux d’ouverture le plus élevé de tous les pays de la zone euro. Occupant une position géographique centrale, la Belgique commerce de façon intensive avec les autres États de la zone euro. Toutefois, certains pays situés aux confins de la zone euro, tels l’Irlande et la Finlande, présentent un taux d’ouverture supérieur à celui de la Belgique au regard des transactions avec des pays situés hors zone euro.
Depuis 1980, le commerce extérieur de biens et services a progressé avec une rapidité presque continuellement supérieure à la demande finale, et cette tendance a persisté dans les pays de la zone euro durant la seconde moitié des années quatre-vingt-dix. À cet égard, l’instauration du marché unique a apparemment joué un rôle de catalyseur, comme tend à le démontrer la croissance du commerce extérieur à partir de 1994. Le degré d’ouverture de la zone euro est ainsi passé de 21,7 pour cent en 1980 à 25,9 pour cent en 2003. À la même époque, en Belgique, ce taux a grimpé de 36,5 pour cent à 45 pour cent, note encore Wim Melyn dans la Revue économique.
Revue économique de la Banque nationale de Belgique

6 - De l’art de voyager

Les voyages prennent dans notre vie une place de plus en plus grande. En 2003, parmi les destinations favorites des Belges pour les vacances de longue durée (séjour de 4 nuitées ou plus), notre propre pays s’est placé en tête (24,2 pour cent), suivi de la France (23,4 pour cent), de l’Espagne (12,7 pour cent) et de l’Italie (6,0 pour cent).
Les destinations préférées pour des séjours de courte durée sont la Belgique, la France, les Pays-Bas et l’Allemagne. Au rayon des périples au-delà des limites de notre continent, c’est l’Afrique qui est le plus souvent choisie (508.992 séjours de vacances), de préférence à l’Amérique centrale et du Sud (129.143), à l’Asie (80.999), ou à l’Amérique du Nord (61.876).
Pour partir en voyage, l’automobile demeure le moyen de locomotion le plus utilisé (62,4 pour cent), suivi de l’avion (23,8 pour cent), du car de tourisme (7,8 pour cent) et du train (5,0 pour cent). Sur 100 voyageurs, 37 font le choix de l’hôtel pour leur séjours longs, 18 donnent la préférence à un hébergement privé (au domicile d’amis, chez des parents…) et 16 choisissent de louer un meublé de tourisme. Seuls 6 vacanciers sur 100 optent pour un séjour en terrain de camping. La plupart des vacanciers organisent eux-mêmes leur voyage. Cependant, les voyages à forfait - voyages dont tant le déplacement que le séjour sont pris en charge par le voyagiste - continuent d’avoir la préférence non seulement pour des voyages dans des contrées éloignées, mais aussi pour des destinations plus proches, telles que la Grèce et la Turquie.
Tous ces chiffres proviennent de la publication annuelle « Enquête Voyages », que l’on peut télécharger sur le site de l’INS (Institut national de Statistique, Statistique et Information économique, SPF Économie).
Publications téléchargeables de l’INS « Enquête Voyages »


En collaboration avec l’INS (Institut national de Statistique – Direction générale de la Statistique et de l’Information économique – SPF Économie)

Redaction: Erik Vloeberghs
Réactions et communiqués de presse: editor@6minutes.net