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1ier trimestre 2004

6minutes la Belgique déchiffrée  


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6minutes la Belgique déchiffrée # 1 du 1/03/2004
chiffres et statistiques sur la Belgique, ses habitants et ses voisins,
déchiffrés par l’Institut national de Statistique

Cette édition a été envoyée à 2979 abonnés


Dans cette édition:
1 - Que boit le Belge?
2 - L’énigmatique baisse de mortalité les samedis et dimanches
3 - Aubange, 38,6° l’après-midi
4 - Films européens à la hausse
5 - Les prénoms qui ont la cote
6 - Le suicide analysé

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1 - Que boit le Belge?

Chaque année, l’INS rassemble des chiffres sur les boissons consommées dans notre pays. En 2001, le Belge a bu en moyenne 135 litres de café, 127,1 litres d’eau, 112,3 litres de boissons rafraîchissantes, 97,1 litres de bière, 61,3 litres de lait, 30,6 litres de jus de fruits ou de légumes, 21,5 litres de vin, 11,2 litres de thé, 3,4 litres d’eau-de-vie et 2,9 litres de lait chocolaté. En comparaison avec l’année précédente, la consommation d’eau, de café, de thé, de vin et de jus de fruits a augmenté, tandis que celle de bière, de boissons rafraîchissantes, de lait et de lait chocolaté a baissé.
Sur une période plus longue, ce sont les jus de fruits qui ont le plus fortement progressé, ayant connu - en l’espace de dix ans - un triplement de leur consommation. Sont également consommés en quantités plus importantes qu’il y a dix ans : le lait chocolaté (augmentation de plus de 40 pour cent), l’eau minérale (un tiers de plus), les boissons rafraîchissantes (progression de plus d’un quart) et le vin (plus 17 pour cent). En revanche, la consommation de bière a reculé d’environ un cinquième. Le thé (moins 14 pour cent) et le café (moins 10 pour cent) ont aussi essuyé un repli.
Article de l’INS – SPF Économie

2 - L’énigmatique baisse de mortalité les samedis et dimanches

Il meurt moins de gens pendant le week-end que pendant les jours de semaine. C’est la conclusion à laquelle parvient l’INS à l’issue d’une analyse des chiffres de mortalité en 1998 et de 1999. La probabilité de décès apparaît en effet plus faible le samedi et le dimanche. Si cela est vrai tant pour les femmes que pour les hommes, il semble cependant que le week-end dans son ensemble assure une protection plus grande aux femmes qu’aux hommes : pour le sexe «faible», cet effet atténuant est plus fort d’environ un tiers que pour le sexe «fort». Les mercredis également, les décès sont inférieurs à la normale. À l’opposé, tous les autres jours de la semaine présentent un risque de décès supérieur à la moyenne, avec des pointes les jeudis et vendredis; c’est d’ailleurs ce dernier jour que l’on dénombre relativement le plus de morts. Même s’il ne s’agit pas de différences très importantes, elles constituent néanmoins une tendance constante. L’hypothèse la plus plausible est que ces variations de mortalité selon le jour de la semaine concernent surtout la population active, mais cette hypothèse reste à vérifier.
Article de l’INS – SPF Économie

3 - Aubange, 38,6° l’après-midi

Cela devient un peu répétitif : l’année 2003 a été, elle aussi, une année exceptionnelle du point de vue climatologique. Dans le centre du pays, le soleil a brillé 1.988 heures, soit un quart de plus que la normale. Il faut remonter quarante-cinq années dans le passé pour retrouver une durée d’ensoleillement supérieure à celle de 2003 : en 1959, le soleil avait brillé durant 2.121 heures. La chaleur en 2003 a été supérieure à la normale d’un dixième, et les jours avec précipitations ont été moins nombreux. Nous avons été gratifiés de pas moins de 43 journées méritant le qualificatif d’«estivales» – où la température atteint 25°C ou plus – et, pendant neuf jours, le cap des trente degrés a même été franchi. Belle performance, en vérité, pour un pays réputé “froid et humide” comme la Belgique !
Début août, notre pays a été frappé par une vague de chaleur qui a persisté quinze jours durant, et il s’en est fallu de peu que cela ne soit un record : la vague de chaleur de 1976 avait duré seize jours, dont 15 jours d’affilée avec des maxima au-dessus de 30°C. Pendant quatre jours en 2003, et dans 22 stations de mesure de l’IRM, des températures allant jusqu’à dépasser les trente-sept degrés ont été relevées. La température la plus élevée a été enregistrée le 8 août à Aubange : 38,6°C. Faut-il y voir un lien avec le réchauffement planétaire ?
Aperçu climatologique de l’année 2003

4 - Films européens à la hausse

La production de longs métrages dans les pays de l’Union européenne a augmenté de 41 pour cent entre 1995 et 2002. Au cours de cette dernière année, 625 films ont été tournés, dont seize dans notre pays. La France, avec pas moins de 200 films, s’est montrée la plus productive, précédant l’Espagne (137 films) et l’Italie (130 films).
Toutefois, face aux États-Unis et à l’Inde, notre industrie cinématographique fait plutôt pâle figure – du moins au point de vue quantitatif. Les États-Unis, totalisant à eux seuls 786 films, ont produit plus que les 15 pays de l’UE réunis, mais davantage de films encore sont réalisés en Inde : en 2000 par exemple, 855 films y ont été produits.
Pour ce qui est des coûts de production, les films américains dépassent de fort loin les films des autres pays. Une production américaine coûte en moyenne 14,8 millions d’euros, ce qui représente plus du triple d’une production française et 150 fois (!) plus qu’une production indienne.

5 - Les prénoms qui ont la cote

Difficile désormais de reprocher aux parents belges de manquer d’imagination, du moins au vu de la liste complète, qui vient d’être publiée par l’INS, des prénoms que les parents ont choisis en 2002 pour leur nouveau-né. Le nombre de prénoms distincts augmente d’année en année, et l’on voit en même temps surgir de plus en plus de prénoms étranges ou excentriques. Ainsi certains parents, sans doute en prenant pour source d’inspiration le monde des sports ou du spectacle, ont-ils nommé leur progéniture Figo, Zico, Raúl, Ullrich, Agassi, Beyoncé, Britney, Shaggy, Vangelis, Toto ou - rien n’interdisant de rester “belge” - Helmut et Laïs. Dante fait un retour en force et Corneel, nom néerlandais tombé en désuétude, réapparaît çà et là. Toujours côté flamand, l’on constate de nombreux prénoms à diminutif tels que Bartje, Bertje, Daantje, Noortje, Antje, Saartje, Martje, Floortje, Geertje, Kaatje, Klaartje, Claartje, Fientje, Leentje, Lotje, Bregtje, Andebrechtje, Diewertje et Dieuwertje, Eibeltje, Fleurtje et Otje. Chez les filles, les noms géographiques paraissent avoir la faveur : France, India, Africa, Paris, Sofia, Roma, Vienna. Les prénoms de ces bébés auraient-ils été choisis d’après le lieu où ils ont été conçus ? Certains parents, débordant de gratitude à l’arrivée de leur bébé, en viennent à l’appeler Godpraise, Gracious, Dieumercibazilunga ou Welkom. Il y a aussi des prénoms tout empreints de sensibilité et de tendresse : Liefde, Beauté, Believe ou Chance. L’on ne cherche plus à éviter les prénoms très longs, et des noms composés assez compliqués font leur apparition, tels que Harris-Barthélémy, Marjorie-Carmen ou Hayley-Amber. À l’opposé, pour qui voue un culte à la concision, voici Boy, Pip, Flo, Sus, Swa, Al, Fe, Ka, Mo, Io, Qi ou Yo.
“Les prénoms préférés en 2002”

6 - Le suicide analysé

L’Observatoire de la santé et du social, créé voici peu par la région de Bruxelles?Capitale, vient de publier un rapport sur le suicide dans la région. Le suicide est responsable de 1,9 pour cent de tous les décès : de 2,7 pour cent chez les hommes et de 1,2 pour cent chez les femmes. Dans la catégorie des 20 à 29 ans, le suicide représente plus du quart des décès. La part importante que prend le suicide dans l’ensemble des décès chez les jeunes adultes s’explique par le faible nombre de décès liés à d’autres causes. Chez les femmes, le pourcentage de décès par suicide augmente jusqu’à la classe d’âges de 20 à 24 ans, pour baisser de façon constante ensuite; aux alentours de 40 à 44 ans seulement, un petit ressaut se manifeste. Chez les hommes, la part des décès dus au suicide progresse rapidement jusqu’à l’âge de 25 à 29 ans, pour diminuer ensuite régulièrement.
Est intéressante également l’analyse, faite par l’Observatoire, des facteurs socio-démographiques intervenant dans le suicide. Les célibataires, tant hommes que femmes, ont par rapport aux mariés un risque doublé de commettre un suicide. Les divorcés courent un risque plus important encore : risque accru 2,5 fois pour les femmes et de 2,9 fois pour les hommes. Les veufs apparaissent les plus vulnérables, leur taux de suicide étant plus de trois fois plus élevé que celui des hommes mariés (après standardisation pour l’âge). Chez les veuves, on ne note qu’une légère augmentation du taux de suicide par rapport à la moyenne (facteur de 1,1).
L’on discerne également des différences entre Belges et non-Belges. Les taux de suicide sont plus élevés chez les femmes et les hommes belges. Après standardisation pour l’âge, le taux de suicide est 2,5 fois plus faible chez les non-Belges de sexe masculin que chez les Belges de sexe masculin. L’écart est plus important encore chez les femmes : le taux de suicide est 3,3 fois moins élevé chez les femmes non-belges que chez les femmes belges. Des études menées en Australie, aux États-Unis et au Canada ont conduit à des résultats similaires. L’Observatoire de la santé et du social en conclut que les facteurs culturels exercent une grande influence sur les tendances suicidaires.
Observatoire de la Santé et du Social


En collaboration avec l’INS (Institut national de Statistique – Direction générale de la Statistique et de l’Information économique – SPF Économie)

Redaction: Erik Vloeberghs
Réactions et communiqués de presse: editor@6minutes.net


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